Halp !

Hors des pistes, sur la neige immaculée, un fou crie. La montagne gronde. Le cri redouble. C’est un cri bavard, plein de mots saturés : tu me manques, je t’aime, j’ai mal sans toi, je me sens si seul quand tu n’es pas là, tu es beau ; et toutes les variantes pseudo-poétiques. La montagne gronde. Le cri retriple. C’est un cri lucide, plein de mots tactiques : parce que, donc, en conséquence, d’après mon psy ; et toutes les variantes pseudo-philosophiques. La montagne gronde et gronde. Le cri requadruple. C’est un cri tragique, plein de mots insensés : corde si, rasoir si, train si, cyanure si ; et toutes les variantes pseudo-suicidaires. La montagne frémit. Le cri explose. C’est un long silence : … ; et toutes ses interruptions. La montagne, dédaigneusement, se contente d’éternuer.

Le fou descend dans la plaine et s’endort.

Demain, il ira crier sur l’Etna.

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