Indicible

On se fourre dans le crâne des mots, de vieux mots clichés. Nous avons perdu, si cela a existé, la pureté d’un monde sans mot et sans image. Un monde nu. Nous vivons dans une architecture, dictature. Un réseau de pages-branches, de ronces qui lacèrent nos peaux. Nous subissons chaque jour Othello et Roméo, Don Quichotte et Dom Juan, Achille et Lancelot. Nous crevons sous le portrait de Tristan, brûlons de l’amour christique, jouissons avec le père Freud, et le docteur Jekyll nous borde le soir venu. Nous ployons sous le fardeau de nos mythes et notre seul rêve est d’en inventer de nouveaux. Ce soir, je veux jeter l’encre dans les abysses, incendier la bibliothèque d’Alexandrie, renvoyer à l’oubli Platon et même Nietzsche, et même Barthes. Ce soir, je veux recoudre toutes les bouches. Que nous ne puissions plus que frotter nos peaux.

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