Second temps

Il y en a au moins un second.

Celui de la grande métamorphose, du grand rapiéçage. Le temps de tout recoudre. Après la division, l’amour. La participation. Ce monde qui me refuse, je l’aime et lui offre, don absolu, mon corps. L’écriture devient tissage, compréhension. Je ramasse les débris et les éclats, les morceaux que j’avais débord éparpillés dans la grande explosion, dans mes lacérations méchantes et la destruction du monde autour. Le sens revient. Je le reconstruis. Et c’est tout le monde qui se réunit. Les phrases se maillent, s’enlacent et ma voix et mon corps retrouvent le contact. D’abord, je me caresse le texte, je laisse frémir ma propre peau. Elle est rougissante, les pores dilatés, prête à se dissoudre dans l’air, la lumière, dans l’herbe, la glaise, dans la chair du monde. Je croque, je salive, je veux tout goûter. Enfin, de la saveur ! Le monde m’appelle, et j’entre sous la coupole d’une belle salle de bal où mon nom s’inscrit désormais sur tous les frontons.

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