Premier temps

L’écriture démembre dans son travail premier le ciel et la terre, le dehors et le dedans, les yeux, les doigts, la peau et l’estomac. L’écriture divise, isole chaque atome d’un monde insensé. Toi petit grain qu’es-tu ? L’écriture le passe à la question, la lumière dans la gueule, le gonfle d’eau croupie et le regarde éclater. Le sens encore s’échapper. L’écart se creuser. Je ne suis pas le monde, je ne suis même pas dans le monde. Je me pointe au grand bal, et le groom cherche mon nom dans la liste. Absent. Je ne peux pas entrer. Voilà ce qu’elle dit l’écriture : tu es un rejeté, un incapable, tu ne sais rien goûter. L’écriture couvre d’un voile frigide le monde, me prive de sa sensualité, est le symptôme de mon inaptitude à vivre.

C’est le premier temps.

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