Ne pas fuir

Comment font-ils ceux qui trichent avec la merde qu’on leur a donné en héritage ? Moi, je patauge, je renifle, me vautre. Je suis belle d’être vaincue mais je ne m’en convaincs pas. De la chiure qui m’a faite, du bourdonnement des mouches dans ma tête, c’est une âme glaireuse qui naît. Tu as fui. Tu as raison. Je traîne des kilos d’un passé repus. Je m’effondre, ça me constitue. Sur le pavé, l’eau monte. J’en ai jusqu’au nez. Elle est crasseuse, noirâtre des illusions de la ville. Une eau fausse d’un monde qui se dilue. Toute cette eau s’engouffre dans ma bouche d’égout. Quelque chose choque mon incisive. Un éclat solide. Un débris d’une poupée de mon enfance me reste en travers de la gorge. Je l’avale. Je le veux en moi. Reprendre le temps à l’envers. Je suis fille du monde d’avant. Je recommence. Je balaie dedans mes portes. Désormais, je vais fouiller et aimer.
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