Grande guerre

Grande guerre. Dans ma chair profonde, les tranchées. Au milieu de la boue, des rats pansus et nerveux courent. J’entends le crissement tapageur de leur million de petites griffes qui déchirent mes oreilles internes. Je perds l’équilibre, et me vautre. La gueule cassée dans la terre, j’ai froid. J’aimerais me raidir, m’élancer dans un sursaut, mais je me fonds. Je me répands. Les canons tonnent, métriques, dans ma poitrine. Le gaz moutarde creuse son sillon dans mes narines. Mes vêtements sont déjà pourris et ma peau noire s’étiole, nourriture à lombrics. Je respire encore l’enfer fumant. De la vie résiste. Et parce qu’elle résiste, comme une lame la douleur sourdement crie. Piétinez-moi à condition que, par le chemin de mon corps, vous rejoignez l’arrière-front de la vie.

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